19.09.2007
François Bayrou est un solitaire.
André Malraux écrivait « s’il existe une solitude où le solitaire est un abandonné, il en existe une où il est solitaire que parce que les hommes ne l’ont pas encore rejoint ».
Il a souvent été reproché à François Bayrou de prendre seul les décisions politiques. Certains adhérents du Modem s’épanchent sur la blogosphère et font griefs au « chef » de ne pas avoir assez tenu compte de leurs contributions pour établir la Chartre des Valeurs et la Chartre éthique
Au sein de l’UDF (canal historique !) on se souvient des combats percutants Bayrou- de Robien. Maintenant au sein du Mouvement des démocrates, Didier Bariani (Président du groupe UDF à la mairie de Paris) et quelques autres lui reprochent d’avoir une gouvernance trop personnelle du mouvement, Arthuis va même jusqu’à dire : « on ne gère pas un parti comme une secte ».
Dans une entreprise, le patron doit au final prendre seul les orientations fondamentales de la politique commerciale de ladite entreprise. Les cadres, les actionnaires par leurs représentants, les syndicats font valoir leurs arguments.
Je n’ai pas de conseils à donner à François Bayrou mais qu’il garde cette indépendance voire cette « solitude du pouvoir » au sein du Modem.
Quand il a voulu être candidat en 2007, il partait avec un capital de voix d’environ 6% de 2002.
Les médias l’ignoraient, ses proches amis lui prédisaient une « catastrophe politique » et lui conseillaient de rallier le candidat UMP, quand à ses adversaires, ils le présentaient comme un doux rêveur qui espérait un monde inaccessible où les clivages politiques seraient mis au second plan.
Il a défini seul, sa ligne politique, il a su maîtriser, dompter les médias et il a multiplié par trois son capital de voix.
Nicolas Sarkozy avait créé une cellule de crise pour surveiller sa campagne, Ségolène Royal a vu pendant quelques sondages « le syndrome de 2002 », il a su résister à l’appel des sirènes (y compris d’un éventuel poste de premier ministre !).
Il a sur son nom fédéré un grand nombre de militants au sein du Mouvement démocrate. Les législatives ont été une catastrophe car il n’a pas pu, su imposer ses idées, « ses candidats » sont partis en ordre dispersé.
Je suggère que François Bayrou reste un solitaire.
Il est souhaitable, qu’il lise les contributions de son site et laisse de côté les verbiages (quand va-t-il se décider à fermer ce site où le culte de la personnalité frise le ridicule) mais il doit seul prendre les grandes orientations du mouvement.
Il serait souhaitable qu’il soit candidat et élu à Pau pour entrer dans le club des grands maires de France et montrer qu’au quotidien, il applique ses idées.
François Bayrou solitaire dans ses décisions et là pour parodier Malraux, les électeurs le rejoindront.
Jean-Pierre GALLEMAND
14:30 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : bayrou, modem, malraux
03.09.2007
« La culture ne s’hérite pas, elle se conquiert » André Malraux. Quel avenir pour les maisons de la culture ?
Cette phrase est peu conforme aux travaux de Pierre Bourdieu et même si son fils Emmanuel Bourdieu donne dans le culturel, la réalité en 2007 est bien différente.
Nous n’entrerons pas dans le grand débat philosophique de l’acquis et de l’inné mais force est de constater que l’on peut se poser la question, après plus de quarante ans d’existence si les maisons de la culture ont rempli leurs missions – dans un élan de provocation, nous dirions même sont-elles encore utiles ?
André Malraux a ouvert la première maison de la culture en 1961 au Havre.
« Transformer en un bien commun un privilège, tel est le but des maisons de la culture » disait Gaétan Picon (essayiste, critique d’art et directeur général des Arts et Lettres sous le ministère d’André Malraux).
Ce vœu pieux qui hante toutes les politiques culturelles et plus simplement les hommes politiques reste une utopie.
Qui fréquentent ces lieux, « les héritiers » comme dirait Bourdieu ?
Les cultureux, les enseignants pour le théâtre et la danse, les classes bourgeoises au sens culturel pour la musique classique.
Ces maisons de la culture font parti de ces lieux où les gens n’entrent pas – non pas pour des raisons financières, les expositions y sont souvent gratuites mais parce qu’ils pensent qu’ils n’y ont pas leur place.
Les scolaires y sont traînés par quelques enseignants téméraires mais sur une classe de 25 combien fréquenteront les lieux culturels après leur majorité ?
La culture reste parisienne, Georges Terrey, président du syndicat des directeurs de théâtres privés, chiffres à l’appui, démontre que les théâtres privés ont augmenté leurs recettes brutes en 2006 de 13,6% et le nombre de spectateurs de 10%. (prix moyen de la place 30€).
Les théâtres subventionnés par la Ville de Paris ont une baisse de leurs recettes de 8,8% et de fréquentation de 16,4%. Les théâtres subventionnés par l’Etat à Paris ont une augmentation de recettes de 8,5% et de fréquentation de 6,3%.
En un mot, plus le théâtre est privé et les places coûteuses, plus vous attirez du public !
Le théâtre bourgeois du XIX° siècle se porte bien : la recette, des places ont des prix élevés avec une ou des vedettes très connues, souvent par la télé, résultat du monde et de l’argent !!
Ce théâtre est-il de la culture ? Jean Vilar aurait-il joué ce théâtre ?
Vilar, Malraux sont morts, la culture est devenue affaire de marketing, de connivence avec les médias.
« La culture ne s’hérite pas, elle s’achète, comme un simple produit de consommation ».
Pourquoi : croyez-vous que la grande distribution s’intéresse-t-elle tant à la culture avec des espaces culturels et au mécénat culturel etc..
Jean-Pierre GALLEMAND
23:20 | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note | Tags : culture, malraux, maison de la culture










